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C'est un peu par hasard que je m'inscrit, au dernier moment (qui a dit comme d'habitude ?!), au Rallye Orpi Maroc. En effet, un couple d'amis me racontent leur projet d'aller visiter la région d'Agadir fin Mai...et fin Mai, c'est le rallye Orpi Maroc, qui part d'Agadir !! Le prétexte est tout trouvé, Carole et Jack me feront l'assistance sur 2 ou 3 jours, et c'est parti... Je contacte donc très vite tous mes partenaires, et j'arrive à faire préparer une KTM 450 en urgence, et à me faire accepter sur la liste comme dernier engagé moto !
Le rendez-vous est donc donné à Agadir, et c'est avec un grand soulagement que je retrouve Carole et Jack, déjà "installés" sur la ville fascinante. Ils me sont d'ailleurs d'un grand secours pour m'organiser sur les vérifications administratives et techniques, toujours fastidieuses lorsqu'on se retrouve tout seul.
Enfin, départ ce 24 Mai pour la première journée sur laquelle se déroulent 2 spéciale. Et dès le km 4, je fais une glissade digne du livre des records qui me vaut une grosse frayeur, et me rappelle qu'il faut toujours être très vigilant, du premier au dernier mètre de course. Je boucle cette première spéciale très sablonneuse sans chute, et plutôt content de reprendre ainsi contact avec les pistes africaines. Sur la liaison, je croise Jack à l'entrée d'un village perdu ! 12ème m'annonce-t-il, super enthousiaste. Je m'amuse, il s'est pris au jeu de la course avec un plaisir intense ! La deuxième spéciale nous plonge dans une navigation ultra délicate; c'est une succession de franchissements de cols très empierrés et piégeux, avec des vallées aux multiples changements de direction, et je me perds plusieurs fois, mais rien de grave, je passe une bonne partie de l'après-midi avec Meillat et Seel, à se passer et repasser à la faveur d'erreurs de navigation successives. Arrivée au bivouac et déjà des problèmes à règler : en effet, sur la dernière liaison, je suis tombé en panne d'essence, la pompe ne fonctionne pas, si bien que le fond d'essence qui se trouve dans le réservoir, en dessous du niveau du carburateur, ne peut remonter. Ca commence ! Heureusement que mes amis sont là pour m'aider.
Le 2ème jour, l'étape est déjà beaucoup plus rapide, et avec ma 450cc, je ne supporte pas la comparaison en vitesse de pointe avec les 660. De plus, j'ai toujours le souci d'économiser la mécanique, et je résiste à mettre plein gaz pendant des kilomètres dans les grandes lignes dégagées de sable porteur. Pourtant, quand je me fais doubler par quelques concurrents, la tentation est grande, mais patience, la course est encore longue, et mon expérience me vaut d'être concentré. Et ça paye, car je croise plusieurs motos "mortes" sur le bord de la piste
Le quatrième jour, je me suis mis une stratégie de course en tête : je rattrappe Meillat qui part 30 secondes devant moi, et je me cale sur son rythme. Ainsi, je grapille encore une place au général, et ensuite, je contrôle jusqu'à l'arrivée. Je pars donc "le couteau entre les dents "; tout va bien, la moto roule impeccable, je lache les chevaux ! Comme au briefing de la veille, ils ont annoncé une étape sans grosse difficulté de nav, j'enquille avec plus de relâchement sur le road-book. Et, presqu'à fond (161,9 km/h mesuré au gps), sur un sommet de piste empierrée avec un léger droite, je perds l'avant, et pars dans une glissade monstrueuse... Heureusement, pas de gros obstacle sur la trajectoire, je n'ai rien de cassé, mais mon bras droit est en sang. Oscar POLLI arrive sur moi, et je lui fais signe que "tuto va bene". Mais immédiatement, je mesure l'ampleur des dégâts sur la moto : tout le tableau de bord est arraché, la fourche tordue, le guidon cintré, bref, on revoit les ambitions à la baisse ! Le temps de reprendre mes esprits, je remets la moto plus ou moins en ligne, mais je suis bloqué pour tourner à gauche; pas grave, je vais aller droit devant ! Je reprends ainsi la piste toujours pleine de cailloux, mais le fait de ne pouvoir absolument pas tourner le guidon sur la gauche m'handicape lourdement, ce qui me vaut encore quelques chutes démoralisantes. Mon rythme a évidemment gravement baissé, et je souffre de plus en plus de mon bras; je sens le sang qui coule dans mon gant gauche. Arrivé à un point d'assistance, je m'arrête devant l'équipe VW, et leur demande de bien vouloir "m'arracher" le support de tableau de bord tordu qui bloque ma direction. Comme toujours, et de surcroît me voyant accidenté, la solidarité du monde du rallye est spontanée, et immédiatement 4 mécaniciens professionnels s'occupent d'extirper en 2 temps 3 mouvements de cette pièce tordue. Je reparts moins de 5 minutes après, et commence à compter les kilomètres restants. Mon bras s'enquilose, et je subis vraiment. Enfin je vois les drapeaux d'arrivée de spéciale au loin, et c'est un soulagement. Sur la liaison, je m'arrête à une station, et en profite pour souffler un peu; c'est alors que je suis abordé par l'équipe VIP de chez MOTUL qui a bien compris que tout n'allait pas super ! Ainsi, ils s'occupent de moi, et m'aident à "décoller" les fringues "soudées" par le sang sur le bras gauche. de terminer. Ce soir, le bivouac est à l'hotel, je vais pouvoir en profiter pour bien dormir. Mais avant, direction les médecins pour une consultation approfondie.
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